Christophe Mie tombe le masque. Professeur de travail vocal à Sportcom, ce comédien de 37 ans a dans sa botte secrète des passions plus surprenantes les unes que les autres...
Originaire de Salon-de-Provence, Christophe Mie a perdu son accent à cause du théâtre : « On m'a demandé de le gommer, mais il revient quand j'appelle la famille. » A Sportcom, on connaît Christophe pour ses cours de travail vocal, ses phrases imprononçables et ses conseils de respiration. Il tient tout cela du théâtre. Mais il a plus d'un masque dans son coffre. Celui de sabreur, par exemple, de maître d'arme, d'arbitre international et même de chef de délégation de l'Equipe nationale de sabre dames.
Entre sa réelle vocation, l'art, et sa passion pour le sport, il a trouvé le moyen pour faire rimer les deux : l'escrime artistique.
A trois ans, ses parents l'inscrivent dans une chorale. Il reprend le micro à vingt-cinq ans, avec des cours particuliers. Son rêve, jouer dans une comédie musicale. Détail touchant, Christophe est un fan inconditionnel du Roi Lion. La récente adaptation du film au théâtre l'a poussé à passer les auditions. « L'aventure s'est terminée au deuxième tour pour cette fois, mais je vais recommencer. C'est un rêve. »
« Gamin, j'adorais les spectacles de Chantal Goya ou d'Emilie Jolie. Plus tard, c'était Starmania, Notre Dame De Paris, ou dans un esprit plus anglo-saxon, que je préfère : Chicago ou Cabaret ».
Ses parents, eux, préfèrent les études. Rentré à l'Insep en 1987, il s'inscrit en BTS action commerciale. Une formation commencée sans envie, avec la tête ailleurs : « Je ne pensais qu'à prendre des cours d'art dramatique. » Après avoir raté son BTS à trois reprises, Christophe laisse tomber pour se consacrer à sa passion.
UNE ORIGINALITE QUI PAYE
Son premier cours de théâtre fût « une délivrance, une bouffée d'émotion » Ce bonheur immense cache cependant toute la difficulté du métier. « Aujourd'hui, mon gagne-pain, c'est l'escrime. Mais j'aimerai pouvoir vivre de l'art un jour. » L'escrime lui a permis de se payer ses cours de théâtre à l'époque. Mais ses touches originales, « parfois olé-olé » trahissent sa nature d'artiste. « J'avais une façon de jouer atypique, parfois à l'encontre de la logique. Je créais, j'imaginais. »
Une fantaisie qui ne l'a pas empêché de remporter la médaille d'argent des premiers Championnats d'Europe seniors par équipe : « On a battu la Pologne, qui est une grande nation, alors qu'ils avaient envoyé leur équipe A. Nous, les jeunes, n'étions que l'équipe B ou C... »
Sa pratique sportive lui ouvre des opportunités. En 1986, on lui propose un rôle de figurant pour des duels dans Cyrano. En 1994, il règle les combats et joue dans une représentation de la même pièce, à Paris. Aujourd'hui, il écume les castings, surtout pour des publicités. Le Salonnais apparaît en ce moment dans une série de spots télé sur France Télévisions, pour l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé). Il a aussi participé à deux séances de « motion capture ». C'est une technique utilisée pour les jeux vidéo ou dessins animés. Christophe, bardé de marqueurs électroniques, simule un combat, et ses mouvements sont retranscrits virtuellement.
Il intervient depuis quatre ans à Sportcom. Christophe complète le travail des professeurs de radio. « Je pense qu'il est plus utile de travailler en même temps que le professeur, à l'intérieur du cours. On peut directement appliquer pendant le passage en studio. » Les professeurs de radio ont ainsi tout le loisir d'observer leurs élèves s'escrimer à articuler ses phrases barbares... mais utiles.
