Le stade couvert de l'INSEP accueillait ce week-end les Championnats régionaux d'athlétisme. L'occasion de recueillir les impressions à chaud des athlètes dans la nef imposante.
Dimanche 10 décembre 2006, 14h48, un coup de feu résonne dans la salle. Le départ est donné, trois athlètes s'élancent pour un 400 mètres sur le petit anneau qui en fait 150, surélevé dans les virages.
Immense, de bois et de lumière, la halle Joseph Maigrot fourmille d'athlètes venus de la région parisienne. Dans les tribunes, ça va, ça vient, sur la piste on s'encourage, l'ambiance est bon enfant. La plupart d'entre eux n'en est pas à ses premières foulées sur ce tartan. Mais pour tous, l'impression ressentie la première fois est la même : « c'est impressionnant ! ». Une athlète confie que la taille déconcertante de la salle l'a déstabilisée lors de ses premiers Championnats de France scolaires à l'Insep, « j'ai été incapable de sauter en hauteur, mais ce grand espace présente aussi un avantage, il y a de la place pour s'échauffer au chaud. » En effet, le thermomètre indique 19°C – et pas de vent, des conditions idéales.
Avis partagés.
Sébastien, le vainqueur de la série du 400 mètres, a foulé la piste de l'Insep pour la première fois à l'âge de cinq ans, et apparemment, son aspect n'aurait pas trop changé. « Je trouve que cette salle aurait besoin d'un peu de neuf, de modernité, des écrans pour les résultats par exemple ». Des écrans, on ne sait pas, mais du neuf, il y aura. La halle devrait finir d'être rénovée au printemps 2007.
Du côté de la ligne d'arrivée, Laura, encore essoufflée de son 200 mètres, avoue apprécier cette salle, même s'il ne s'agit que de sa seconde compétition : « c'est super grand et le plus surprenant, c'est le vélodrome de l'autre côté ». Il rend la halle plus singulière encore, qui depuis 1981 accueille l'Equipe de France de cyclisme sur piste. La disposition, unique, intrigue. La plupart du temps, il y a une ligne droite de 60 mètres à l'intérieur d'un anneau de 200 mètres. Ici, la salle se divise en deux : la ligne droite et les sautoirs au milieu du petit anneau, le tout parallèle aux tribunes. Au fond, il y a le vélodrome avec les aires de lancer de poids au milieu.
L'entraîneur de Laura, ancien athlète, n'approuve pas cette organisation : « Ce n'est pas possible pour les gens qui sont dans les tribunes de voir le concours de longueur par exemple, c'est trop loin. »
Presque Inutile.
Entre deux coups de feu, le directeur du pôle athlétisme de l'Insep, Pierre Bonvin, se rappelle. Quand il était junior, au début des années 70, il n'y avait pas de vélodrome, pas de virage relevé mais un grand U de 300 mètres et un anneau au centre, de 250 mètres. « Cette salle est unique par son gigantisme, on peut tout faire. La hauteur de la salle (vingt mètres) est presque inutile.» A vouloir tout faire, l'organisation peut vite en pâtir : « c'est avant tout une piste d'entraînement, pas de compétition. » Rien à signaler en ce qui concerne la cohabitation athlétisme-cyclisme, hormis quelques anecdotes : « Les sauteurs en longueurs s'entraînent en salle pour ne pas subir la contrainte du vent, mais les pistards, quand ils sont nombreux à l'entraînement, produisent un courant d'air si fort qu'il perturbe les athlètes ! »
Et si l'on se promène sous les arceaux de bois tout près du vélodrome en contrebas, on peut entendre ce qui se dit entre les cyclistes.
Le week-end prochain, d'autres athlètes viendront découvrir cette cathédrale insolite pour les Championnats de France scolaires.
Annabelle Rolnin